Châteaux et Hôtels Forts

Qu'il soit forteresse érigée en vue de la dé­fense, manoir ou résidence d'agrément, un château n'est jamais construit en un point quelconque.

La détermination de son assiette tient compte d'un impératif primordial, celui de la surveillance.

Celle-ci est fonction essentiellement de la topographie et en conséquence, les sites en hauteur, à large vue, laissant aux défenseurs le temps de s'organiser, sont surtout choisis. On constate cependant certains châteaux, comme celui d'Hérisson par exemple, sont érigés sur des rochers de fonds de vallées. C'est qu'il fallait également protéger les voies, les carrefours et les gués.

A Pontcharrault ou Pontcherraud, a existé un manoir de type féodal, abritant un Juge-Châtelain, également gruyer (officier chargé des délits survenant dans les forêts) et procureur fiscal.

Aux prés des Fondraults, on pouvait recon­naître naguère l'emplacement de cet Hôtel Fort.

Il y a là, une motte entourée de fossés larges qui protégeait le château.

En 1396, Jean de la Porte, Seigneur d'Issertieux, fait aveu de la "motte de Poncharrault et des foussés d'environ". Guillaume Grozieux, en 1427, fait hom­mage au Duc de Bourbon des "ostel, ma­noir, demorance de Poncharrault, envi­ronné de fossés". (Henri de Laguerenne).

Les fossés communiquaient avec un étang aujourd'hui diminué de moitié. La toponymie permet de noter le champ des Fossés et une ancienne chapelle, encore existante au XIXème siècle. Le toponyme de Pontcharrault est intéres­sant en ce qu'il indique une limite sur une ancienne voie, un poste de douane en quelque sorte où les marchandises devaient être contrôlées pour paiement de droits.

Le vieux plan cadastral marque l'emplace­ment des ruines de l'ancien château de Lafon-Lallan, à 300 mètres au nord-est de la ferme. L'emplacement de ce château se trouve en bordure du taillis de Lallan. Des fossés bien marqués, larges de 6 à 8 mètres, enserrent deux mottes, à peine surélevées. La plus petite portait le château et la plus étendue, circulaire également, était la basse­-cour. Par places, extérieurement, les fossés se doublaient d'un terrassement. On n'observe aucun vestige de ce château.

L'examen de photos aériennes permet de repérer des habitats inconnus d'époque médiévale. C'est ainsi que dans la commune d'Ainay le Château, apparaît avec une netteté remar­quable sur les clichés IGN, un retranche­ment à 300 mètres environ au sud-est de Saint-Benin. Le vieux cadastre indique en ce point un Champ du Château, près d'une ancienne localité des Bois, qui devait constituer le Saint-Benin d'autrefois, ancienne paroisse d'une trentaine de feux, citée par Nicolay.

La paroisse de Saint-Benin était encore, au XVIIIème siècle, intensément boisée et seules les vallées de la Marmande et de la Cocuelle offraient des espaces à usage agri­cole ou pastoral. Des forêts privées recouvraient ce territoire et avaient pour nom : bois de la Pommeraye, des Barres, de Vougon, de Bonneaux, de Céret, de Sagmat, d'Anguilles (Languilly), de Pontcharrault... Ils prolongeaient la forêt de Tronçais vers le nord. Il ne reste plus de ces bois que des lam­beaux.

Comment pouvait se dénommer le château proche de Saint-Benin ?

En 1443, Jean Bachelier et Pierre Touzelle, à cause de leurs femmes respectives, Jeanne et Colette Naudome, soeurs germaines, font aveu au Duc de Bourbon, seigneur d'Ainay le Château, des mottes et fossés de Sanguinières avec les domaines, étang, ga­renne, bois en dépendant "ès paroisse de Sainte Bénigme et de Barday". Un indice intéressant nous permet de loca­liser cette motte de Sanguinière au Champ du Château. Près de ce champ, le vieux cadastre note un étang sanguin, qui existe encore. Les toponymes Sanguin, Sanguinières ont une origine hydronomique, variante de sagne, lieu marécageux, ce qui correspond à la nature des lieux.

La motte rectangulaire mesure 50 mètres de long sur 35 de large et est bordée d'un fossé encore bien net de 8 mètres de large, aujourd'hui partiellement comblé. C'est une motte tardive, bien différente des premières mottes tronconiques des Xème et XIème siècles et qui paraît avoir porté un château ou maison forte d'importance mineure dont les fossés semblent continuer une tradition. Ce terrassement se situe dans une zone où abondent d'anciens fiefs.

Chandon est un manoir bien conservé avec ses tours (tronquées aujourd'hui), tourelles, hautes toitures et cheminées, dominant l'emplacement d'un étang.

Vougon a encore conservé quelques vestiges du passé.

Voilà un ensemble de petites forteresses ru­rales sur un territoire restreint bordant la forêt au nord.

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